Evénements marquants et principales publications concernant leur nosologie et leur thérapeutique, avec les textes littéraires, théologiques, philosophiques et sociologiques en relation avec la physiologie et la psychologie de ces troubles.
Les liens sur les noms propres apparaissent en général à leur première mention. Les livres en français sans mention spéciale de lieu d'édition sont édités à Paris.
Mort d'Hippocrate de Cos, qui laisse notamment, dans Maladies II, 72 (Littré VII, p.108-109), une description de l'angoisse morbide, phrontis (hypocondrie, mélancolie délirante?).
Théophraste, Les Caractères : De la superstition évoque divers symptômes caractéristiques (angoisses de contamination, rituels de lavages, vérifications, pensée magique, sentiment d’échec dans toute action, esprit de rétention et hypersensibilité à la dette, etc.).
Plutarque, "De la superstition", Moralia II, 14: peinture plus psychologique de l'état mental du superstitieux, où l'angoisse est plus évidente (original en grec, traduction d'Amyot).
Athanase d'Alexandrie compose la Vie d'Antoine, exposé apologétique des principes et des origines du premier monachisme égyptien.
Mort d'Evagre du Pont, né en 345, théologien du premier monachisme dont l'Antirrhetikos rassemble des formules tirées des Pères et des Ecritures pour lutter contre les "mauvaises pensées" (logismoi) qui assaillent le solitaire; elles sont discutées au fond dans Sur les pensées qui contient aussi la première théorie de l'acédie.
Pallade de Galatie compose l'Histoire lausiaque, recueil d'anecdotes édifiantes sur les anachorètes égyptiens et les Pères du désert.
Mort d'Augustin d'Hippone, dont la doctrine de la volonté et de la concupiscence et du conflit intérieur marquera durablement l'histoire des obsessions dans l'église latine (par opposition à son peu de poids chez les orthodoxes). Voir notamment les Confessions VIII, 3 et suiv., ainsi que La Cité de Dieu, vaste critique des superstitions gréco-latines, et théorie générale du conflit entre libido et voluntas dans le cadre du péché originel, notamment dans le livre XIV.
Mort de Jean Cassien, né en 350, éminent théologien monastique de l'acédie et de son remède, le travail manuel, dans le chapitre 10 des Institutions cénobitiques. Acédie est traduit en latin par "taedium" et "anxietas cordis".
Dans L'échelle sainte, Jean Climaque décrit au 23ème degré les "inexplicables pensées de blasphème", et maintient fermement qu'il ne faut pas s'en juger coupable, c'est le démon qui en est la cause.
Dans son traité de médecine mentale, Najab al-Din Unhammad (870-925), de Samarcande, décrit le "murrae souda", à base d'anxiété, de doute, d'obsessions et de compulsions. Il l'impute à un excès d'intérêt pour la philosophie et la jurisprudence.
Le 4ème concile de Latran institue la confession annuelle obligatoire: acte de naissance de la culture occidentale de la culpabilité et de l’aveu.
Dans la Somme théologique, Thomas d'Aquin consacre la quaestio 35 (IIa pars, II) à l'acédie. Voir aussi les analyses du blasphème contre l'esprit saint, et du don de la crainte de Dieu.
Jean Charlier, dit Gerson (1363-1429), De remediis contra pusillanimitatem: traité dédié aux scrupules de conscience et qui existe aussi en français . La notion de "scrupule" prend son sens théologique.
Dans la dernière partie de son récit autobiographique, le premier en langue anglaise, The Book of Margery Kempe, la mystique décrit le détail de ses obsessions religieuses.
Edition de la Summa theologica moralis d’Antonin de Florence (1389-1459), à Venise, laquelle contient la description du scrupule de conscience (Ia pars, tit. 4, capit. 10, §§ 9-10) qui inspirera la théologie morale ultérieure.
Le Malleus Maleficarum de Heinrich Kramer et, peut-être, Jacob Sprenger, dans l’édition de Cologne, mentionne l’exécution d’un religieux qui proférait des insultes et avait toutes sortes de gestes violents et imprévisibles, pour « possession diabolique » ; ce serait le plus ancien cas répertorié de maladie de Gilles de la Tourette.
Près de cinquante ans après sa mort, on publie à Paris, de l'inquisiteur Jean Nider, le Consolatorium timorate conscientiae, où la scrupulosité est surtout imputée aux femmes.
Martin Luther entre à 22 ans au couvent des Augustins, à Erfurt. Les Propos de table racontent les crises intenses de scrupules et d'angoisses paroxystiques qu'il y a connu, jusqu'à la période de Wittemberg et sa réflexion sur les lettres de Paul, en 1513.
Luther fait paraître le De servo arbitrio en réponse à Erasme.
Approbation des Exercices spirituels d'Ignace de Loyola, avec la règle sur les scrupules.
Ignace de Loyola commence son Récit à Louis Gonçalvès da Câmara (jusqu’en 1555), où sont exposés en détail les épisodes de doute anxieux rencontrés dans ses efforts de « confession générale ».
Jean Calvin publie les Institutions de la religion chrétienne.
Le concile de Valence édicte pour la première fois l'obligation d'édifier des confessionaux dans les églises, surtout pour les femmes, semble-t-il.
Dans son traité Von den Krankheiten so die Vernunfft Berauben, publié à Bâle, Paracelse distingue une classe des "obsessi", obsédés/possédés par le démon, au sein de la catégorie générale de la mélancolie qu'il attribue à un vice inné de la nature de la raison.
Bartolome de Medina, dominicain et professeur de théologie à Salamanque, publie la Breve instrucción de como se ha de administrar el sacramento de la penitenza sive Summa de casos de conciencie (édition latine à Venise en 1601), qui fonde le probabilisme comme remède moral aux scrupules de conscience.