Traduire Freud épistolier : style et psychanalyse

Mis à jour : mai 11


Dans notre matinée d’études du 9 juin dernier, à Paris, le Groupe « Paul Federn et la thérapie psychanalytique des psychoses » présentait ses recherches, à l’occasion de la publication en français des Cartes postales, notes & lettres de Sigmund Freud à Paul Federn.

Benjamin Lévy, traducteur de l’ouvrage, y est également intervenu, et sur son travail de traduction et sur le contenu même de cette correspondance. Les lecteurs intéressés trouveront bientôt sur notre chaîne vidéo les exposés de tous les conférenciers qui ont animé cette matinée.

En attendant, voici dès à présent celui de Benjamin Lévy :


Pour commencer par une formule très nette, je dirais que cette correspondance, tant que nous ne savions pas que nous n’en disposions pas, nous pouvions faire sans ; mais maintenant qu’elle est publiée, nous n’envisagerions plus de ne pas l’avoir.

Je remercie donc infiniment Ana de Staal de m’avoir embarqué dans l’aventure de cette traduction, ainsi que les collègues du Groupe Federn. J’ai énormément appris au cours de cette année, moi qui, jusqu’à présent, ne connaissais presque pas les correspondances de Freud et n’avais encore jamais lu les Minutes de la Société psychanalytique de Vienne. Il me semble avoir découvert un nouveau continent que j’ai un immense plaisir à continuer d’explorer.

Cette traduction des lettres de Sigmund Freud à Paul Federn est, à mon avis, sinon meilleure, moins désagréable à lire que la traduction proposée par Dorian Astor des lettres échangées entre Freud et Bleuler. Cette dernière, publiée en 2016 chez Gallimard, pèche, à mon avis, par excès d’impersonnalité, puisqu’elle reste très neutre dans son style. Mais sans doute cela tient-il aussi au caractère obsessionnel de Bleuler, l’interlocuteur de Freud dans cette correspondance : l’ambivalence de Bleuler à l’endroit de la psychanalyse empêchait Freud de lui écrire avec la vivacité dont il était coutumier. À maintes reprises, Freud s’en plaignit amèrement, dans ses lettres adressées à d’autres interlocuteurs (Ferenczi, Jung, Abraham).

Je suis allé dans la direction opposée pour traduire cette correspondance entre Freud et Federn, puisque le caractère propre de Freud s’y laissait clairement découvrir, sans neutralité ni fausse politesse. J’ai donc pu chercher l’homme Freud jusque dans le style de son expression écrite.

J’espère par conséquent que cette traduction est au niveau de celle qui me semble la plus aboutie, à savoir, la version de 2006, aux éditions Gallimard, de la correspondance entre Freud et Karl Abraham, par Fernand Cambon ; qui est extraordinaire. La note introductive, par le traducteur (Fernand Cambon donc), est très intéressante, puisqu’elle montre qu’on ne cesse jamais d’apprendre à traduire. En 1969, pour sa première traduction publiée, il avait, dit-il, fait paraître une version initiale de la correspondance entre Freud et Karl Abraham qui, trente-cinq ans après, lui semblait – dit-il – tout à fait mauvaise. On apprend donc à traduire, et autant Fernand Cambon qu’Ana de Staal ont été, cette fois-ci, de très généreux guides.

Je pourrais vous parler des raisons pour lesquelles j’ai choisi de traduire la formule «Sehr geehrter Herr Kollege» simplement par la clause «Cher collègue», et non pas l’expression amphigourique «Cher monsieur et très honoré collègue» qui a été adoptée par le groupe de traduction du Coq-Héron dans sa traduction de la correspondance entre Freud et Ferenczi.

Mais je souhaite aller un peu plus au fond des choses.

(Photo ci-dessus : Benjamin Lévy et Adrien Blanc dans la matinée d’études d’Ithaque.)

Trois décennies de correspondance, différents types de lettres

C’est d’abord Freud que j’ai traduit, puisque 140 lettres sont de Freud.

Comme on ne peut pas séparer la forme (le style du texte) du fond (ce qui se dit dans ces lettres), avant de parler des choix de traduction proprement dit, je crois bon d’indiquer qu’il y a quatre types de lettres dans cette correspondance. Je vais essayer de vous donner envie de les lire.

Les patients

Premier type de lettre, l’envoi de patients par Freud à Paul Federn (parfois, la carte ne porte pas plus de quelques mots). Ces lettres sont, sans exception, extraordinairement intéressantes puisqu’on peut y découvrir qui étaient ces patients, et comment Freud parlait d’eux ; elles sont parfois cocasses, et également passionnantes, parce qu’on voit comment Freud se fonde sur la clinique pour étayer sa théorie.

Ainsi, le 25 novembre 1908, écrit-il à Paul Federn :

Cher collègue

Voulez-vous bien venir en aide à cette petite hystérique de 15 ans, sans la ménager ?

Vous verriez ainsi confirmées nos hypothèses théoriques et nos espoirs thérapeutiques.

Ça, c’est pour l’hystérie.

Ou le 12 mai 1909, pour la névrose obsessionnelle :

Cher Monsieur le Docteur

Monsieur Görrlich… présente une névrose obsessionnelle grave.

Ses visées dans le cadre d’une cure sont sérieuses et, à bien des égards,

il me paraît apte à suivre un traitement. Je vous prie de le prendre en analyse pour un travail quotidien. Il passera chez vous ce dimanche.

D’un grand profit pour la théorie du sadisme ! Honoraires : 20 couronnes.

Votre dévoué,

Freud

Freud, en privé, ne s’embarrassait pas de faux-semblants lorsqu’il parlait de ses patients. Il y a de nombreuses lettres du type de celles que je viens de mentionner, et elles sont tout à fait passionnantes. Elles montrent combien Freud avait confiance en Federn, et en ses compétences de psychanalyste.

(Photo : une lettre de Freud à Federn, datée de mars 1934.)

Le mouvement psychanalytique

Dans la deuxième catégorie de lettres, celles qui donnent des nouvelles du mouvement psychanalytique : la Société du mercredi, les institutions, les publications dans le Jahrbuchet le Zeitschrift, c’est-à-dire dans les journaux, mais aussi les démêlées qui ont lieu au sein des comités de rédaction, les fâcheries des uns avec les autres, etc.

Parmi ces lettres qui donnent des nouvelles du mouvement psychanalytique, je trouve particulièrement intéressantes celles qui parlent des efforts faits par Federn au service de la cause sociale, puisqu’il a toujours tenu à mettre la psychanalyse au service du plus grand nombre, et ce, entre autres, grâce à la création de l’Ambulatorium de Vienne, une structure de soins psychanalytiques gratuits.

Il y a là un pan de l’histoire du mouvement psychanalytique et de sa jonction avec la critique sociale, très important, qui s’est noué. Federn était l’un des principaux promoteurs de cet Ambulatorium à Vienne, (qui est donc une structure de soins psychanalytiques gratuits). Dans la correspondance avec Freud, il est largement question des aléas de son financement (une question épineuse, même dans le contexte de bouillonnement d’idées de Vienne la Rouge, comme on surnommait la ville après la Première Guerre mondiale) ; il faut dire que la crise monétaire en Autriche avait fait fuir les donateurs et les bienfaiteurs.

Or Freud lui-même n’adorait pas du tout être sollicité au service de la cause sociale. Le 3 avril 1922, de manière plutôt sèche, il écrit à Federn :

Vous êtes libre d’employer votre temps à dispenser des bienfaits.

Manière de dire que Freud lui-même n’était pas un grand amateur de ce type-là de passe-temps. Il faut dire qu’en parallèle, Paul Federn se démenait pour se mettre au service d’autrui, ce qui l’a aussi conduit à devenir un pionnier de l’application de la psychanalyse à la pédagogie (la psychopédagogie psychanalytique, ou pédagogie psychanalytique, très orientée à gauche). Mais contrairement à Alfred Adler, dont le parcours de social-démocrate est extrêmement intéressant, et dont cependant les idées se sont éloignées de celles de Freud jusqu’à la scission, Federn a tenté de rester jusqu’au bout fidèle à Freud, ce qui était une gageure... On devine que Federn fait tout ce qu’il peut pour ménager, d’un côté Freud, d’un autre côté la cause sociale ! Et cela lui a valu d’être suppléant de Freud lorsque celui-ci a commencé à avoir du mal à assumer ses fonctions de président de la Société psychanalytique de Vienne. Mais ce n’était pas facile, réellement, pour Federn, d’à la fois [1] ménager la susceptibilité de Freud, ce qui impliquait de défendre la cause de la psychanalyse, et [2] d’un autre côté de préserver son désir à lui, Federn, de s’engager pour la cause sociale.

Freud, disons-le tout de même, n’était pas toujours réticent à faire l’éloge du travail philanthropique de Federn. Lorsque Federn ne lui demandait pas de s’y impliquer, il était même ravi. Ici, je citerai encore deux lettres. Dans celle datées du 10 juin 1932, Freud félicite Federn pour la 3e édition du Manuel populaire de psychanalyse. Il écrit :

Depuis sa publication, le Manuel populaire de psychanalyse a fait rayonner tant de lumière et frayé tant de nouvelles voies qu’on ne peut saluer sa troisième édition qu’avec une immense

satisfaction.

Dans le livre, nous expliquons dans une note de bas de page que ce Psychoanalytisches Volksbuch, ou Manuel populaire de psychanalyse, dont la première édition datait de 1926, était conçu comme une introduction aux bonnes pratiques en matière de psychologie, d’hygiène, de médecine et de pédagogie. Federn l’avait écrit et édité en étroite collaboration avec le Dr Heinrich Meng (avec Paul Federn, dans cette photo prise en 1934 à Lucerne), qui avait également contribué à la création de l’Institut psychanalytique de Francfort.

La jonction se fait donc là ....entre psychanalyse et critique sociale. Puisque ceci est indiqué en pied de page, et pour vous donner encore plus envie de lire ce livre, je dois dire qu’il dispose d’un apparat critique remarquable, qui éclaire la lecture, même pour ceux qui ne connaissent que très mal le contexte. Mais, après avoir ainsi parlé des lettres qui portent sur la vie du mouvement psychanalytique et sur les engagements de Federn au service de la cause sociale, j’en viens à la troisième catégorie de lettres de ce recueil :

Au grand homme la Société reconnaissante

Troisième catégorie de lettres. Il s’agit des courriers portant sur les honneurs rendus à Freud – anniversaires, hommages ou cadeaux.

Dans de nombreuses lettres, Freud indique qu’il est reconnaissant envers Federn d’avoir participé aux célébrations de son anniversaire, tout en lui demandant de n’en faire tout de même pas trop…

Le 13 mai 1928, Freud, qui ne voulait pas qu’on lui souhaite un joyeux anniversaire, écrit :

quant aux membres de la Société qui n’ont [pas] pu s’abstenir de me faire parvenir leurs vœux, signifiez-leur au moins que je les absous.

Ou bien, le 1er novembre 1931, dans une lettre extraordinaire, Freud remercie Federn pour avoir contribué à lui offrir un buste à son image. Federn avait apparemment

fait [son] apparition [au] domicile [de Freud] en compagnie de trois bustes

Je devais, écrit Freud, en choisir un et le conserver chez moi comme cadeau de la Société de Vienne. J’ai eu de la peine à faire mon choix…. Je me suis décidé pour celui sculpté en bois. Avec son expression affable et vive, il promet de faire un agréable compagnon de chambrée.

Un petit peu d’humour permet là de tempérer ce qui risquerait, sinon, de verser dans la folie narcissique.

La vie de famille

Et pour finir, dernière catégorie de lettres, celles qui portent sur la vie domestique : vacances, famille, problèmes d’argent, soucis de santé ou menus services rendus aux uns et aux autres….

On découvre là – si on ne les connaissait pas déjà grâce à la lecture des autres correspondances de Freud (avec Ferenczi, Abraham, Jung, etc) – les lieux de villégiature de la famille Freud, tels que le lac de Csorba ou les Alpes autrichiennes et bavaroises ; on partage certains plaisirs de l’été, les petits bonheurs ainsi que les malheurs du quotidien.

Entre 1916 et 1918, Freud écrit ainsi plusieurs lettres à la femme de Paul Federn, Wilma, au sujet d’une pièce de théâtre et d’un écrit théorique dont celle-ci avait fait le projet. C’est aussi l’occasion pour lui de confier qu’en ces temps de guerre, l’important est de «tenir» de supporter, d’endurer, jusqu’à ce que l’orage passe.

Plus tard, ce sont les soucis de santé de Freud qui feront l’objet de bien des allusions. Le 19 avril 1931, Freud écrit à Federn :

la réunion … qui devait avoir lieu chez moi doit être annulée. Pichler [c’est le nom de son chirurgien] veut à nouveau procéder à l’une de ses opérations nécessaires à titre prophylactique, comme il dit, au niveaude ma vieille cicatrice au maxilliaire. L’expérience m’apprend que je serai exclu de tout rapport avec mes semblables pour plusieurs semaines. Le 6 mai, je devrais encore être hors-service.

Traduction, transfert et contre-transfert

On comprend maintenant un peu mieux, peut-être, ce que j’écrivais au début du livre, dans la Note du traducteur que j’ai commise, lorsque j’indique qu’ “on a voulu rendre, autant que possible, le style elliptique de Freud, en évitant de sur traduire ce qui, dans un certain nombre de cas, s’avérait être des notes griffonnées sur un bout de table.”

Si vous me pardonner de continuer, car cela donne le ton, j’ajoute que Freud, dans ces écrits, est sans façon, toujours élégant mais direct. Dans bien des circonstances, il se montre extrêmement lapidaire. … Bien sûr, lorsqu’il rédige des courriers portant sur la politique de la Société psychanalytique de Vienne, son style devient ampoulé, ses phrases s’allongent ; mais ensuite, il se voit soudain rattrapé par sa volonté de concision, qui le fait conclure d’un trait vif.

C’est ce tranchant que j’ai souhaité conserver, sans expliciter par un excès de gloses ce que Freud signifiait de manière allusive. Heureusement, je le répète, les notes de bas de page sont là pour expliquer ; et je vous assure qu’elles sont riches et pleines d’indications intéressantes. Sans parler de l’introduction rédigée par mes collègues.

Deux remarques pour conclure.

Écrire à un mélancolique

Mais pourquoi Freud est-il si lapidaire, et parfois même si cassant ? Il me semble y avoir une raison très claire à cela.

Freud n’a pas envie de se laisser empêtrer dans la mélancolie de Federn. En effet, Paul Federn avait un versant un peu dépressif, que Freud n’appréciait pas outre mesure. On ne sait pas si c’est à cause de ce versant un peu dépressif que Federn s’est engagé corps et âme dans la psychothérapie des psychoses, ou si c’est cet engagement au service de la psychothérapie des psychoses qui l’a rendu un peu dépressif. Il y a sans aucun doute des deux. Et Freud n’était pas tout à fait dupe de cela.

Freud y a trouvé un gain théorique, puisque c’est en grande partie grâce à Paul Federn que lui [Freud] approfondit son approche de la notion de contre-transfert. Le mercredi 9 mars 1910, Federn présente un exposé devant la Société psychanalytique de Vienne intitilé : « Les conditions infantiles du masochisme ».

Et Freud, qui rebondit sur la question du masochisme, dit :

Plus un individu est amoureux, plus il est dépendant de l’objet sexuel. On peut faire dériver de là une règle importante pour l’analyse : tandis que le patient s’attache au médecin, le médecin est sujet à un processus similaire, celui du « contre-transfert». Ce contre-transfert doit être complètement surmonté par le médecin ; cela seul le rend maître de la situation psychanalytique ; cela fait de lui l’objet parfaitement froid que l’autre doit courtiser.

Il est certain que Freud considérait Federn comme peu apte à « maîtriser » son contre-transfert. C’est Federn qui, le premier, s’engage « corps et âme » aurais-je envie de dire, si l’expression n’était pas galvaudée, dans la psychothérapie des psychoses, c’est-à-dire dans un exercice qui suppose un engagement actif et entier de l’analyste par rapport à l’analysant. Paul Federn théorise et illustre cet engagement intégral au service de la psychose dans son ouvrage publié de manière posthume : La Psychologie du moi et les psychoses.

Federn (en 1948 à New York, sur la photo) dévoile là quelque chose de lui-même ; il prend des risques, dans la psychothérapie psychanalytique des psychoses. Et à ce qu’il me semble, cela ne plaisait pas beaucoup à Freud, qui avait tôt fait de lui couper quelques brins d’herbe sous le pied. Freud se montre donc direct, directif, voir carrément violent. A sa décharge, il faut dire que, surtout à partir des années 1920, il se sent vieux, fatigué, cancéreux. Son écriture devient moins riche, plus sèche. Parfois même atrocement sèche.

Par-delà les soucis de santé et la vieillesse, cette sécheresse est, je le disais, à certain égards aussi sa manière, à lui (Freud), de se positionner vis-à-vis de la mélancolie de Federn, de ne pas lui donner le droit de prendre toute la place. Federn est en demande, il est un tantinet mélancolique, et Freud oppose une fin de non-recevoir très ferme, nette, franche, à cette mélancolie-là. Ce qui est aussi un façon thérapeutique de répondre.

Traduire, transférer, aimer

Un ami et collègue, qui est italien, me disait récemment de manière très juste : on ne traduit bien que quelqu’un qu’on aime. Un auteur qu’on n’aime pas, on ne pourrait pas le traduire, ou alors, ce ne serait pas une traduction, mais un massacre.

Aimer, dit Lacan dans un aphorisme, c’est ce qu’on fait lorsqu’on ne peut plus rien pour quelqu’un. Ou plutôt, on aime quelqu’un lorsqu’on ne peut plus rien pour lui. Aujourd’hui, ce que nous ne pouvons faire pour Freud, afin de ne tout de même pas tropl’aimer, c’est de le traduire, de le retraduire, de le travailler.

Mais, ce faisant, c’est Freud qui nous met au travail : Freud nous analyse, même avec ses imperfections. Il y a un transfert sur Freud.

Je le répète, et j’y insiste ; ce n’est pas Freud que nous analysons, c’est Freud qui, jusque dans ses lettres, nous analyse. Même avec ses imperfections, ses lubies, ses manies, ses zones d’ombre. On ne renverse pas l’ordre des choses.

C’est que Freud était plus freudien que les freudiens. Freud est donc un cas très rare, mais pas tout à fait unique dans l’histoire, de Maître qui était plus dogmatique que ses disciples. Par exemple, Lacan était moins lacanien que les lacaniens (lui-même l’admettait volontiers : soyez lacaniens si vous le voulez, disait-il, moi je suis freudien).

Freud, lui, n’était pas autre chose que lui-même ; il était freudien, et nous met au travail.

Sur la fin de sa vie, il lui est arrivé d’écrire qu’il eût aimé se montrer davantage directif, davantage magistral, pour éviter des dérives, des erreurs de la part de certains élèves et, surtout, des schismes. Mais en fait, il faut interpréter ce vœu freudien comme une sorte de conjuration. Peut-être Freud eût-il souhaité mieux savoir ce qu’il faisait lorsqu’il se montrait dogmatiquement freudien. On ne doit pas trop prendre au pied de la lettre son souhait d’avoir été « davantage un Maître ». Il l’a été bien suffisamment, jusque et surtout dans son regret de ne pas réussir à l’être suffisamment !

Ceci transparaît très nettement dans sa correspondance, notamment avec Federn, où parfois il se montre tout à fait maître. Et c’est bien sûr ce que j’ai tenté de retranscrire dans cette traduction.

Benjamin Lévy

est ancien élève en philosophie à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, docteur en psychopathologie psychanalytique, psychologue et psychanalyste.

Le Groupe de travail Paul Federn est formé par Florian Houssier, Adrien Blanc, Delphine Bonnichon et Xanthie Vlachopoulou ; voir notre page Facebook, pour plus d'informations.

Bibliographie :

Article du Groupe Federn : "Freud consultant"

La correspondance de Sigmund Freud est en libre accès sur internet dans le site de la Library of Congress, ici.

Sur Paul Federn : cliquez ici.

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